instructions

Hub, Hug, Liffré

28 septembre/23 octobre

 

Romain Bobichon, Paul Brunet, Camille Girard et Yoan Sorin ( W O O P ) invitent : Karina Bisch, François Curlet, Hamishi Farah et Christophe de Rohan Chabot, Georges-Henri Guedj, Miquel Mont, Blaise Parmentier, Florian Sumi, Eva Taulois, Fabio Viscogliosi.

 

Dans le cadre de la biennale Off de Rennes, avec le soutien d'Ars Ultima et de 40mcube

 

Instructions dans parisart

Georges-Henri Guedj + Camille Girard et Paul Brunet

 

TSE 2000

 

Camille et Paul dessinent dans la lumière d’un projecteur :

...moteur !

Camille et Paul dessinent comme on traverse la nuit, éclairée par les phares d’une voiture :

...ça tourne !

Camille et Paul dessinent pour mémoriser la séquence d’une séance de cinéma en plein air :

...action !

 

J’ai une voiture des années quatre vingt, qui semble avoir été dessinée à la main.

J’ai voulu qu’il la re-dessine, qu’il la recouvre de peinture, comme pour opérer d’une cautérisation chromatique :

...coupez !

 

C’est un prétexte.

 

Ma voiture sera l’atelier : à la fois l’habitacle du «drive in» et les cimaises de l’exposition.

A l’inverse du huit clos, il s’agit d’un open space, d’un couteau suisse à l’humour Belge.

 

Camille et Paul tatouent le papier.

 

Mais j’ai préféré que la carrosserie bronze sous l’effet de leurs pinceaux, comme l’effet prolongé d’un corps au soleil (une image projetée)...

Celle d’un épiderme surexposé.

 

© Georges-Henri Guedj, 2016

 

 

Karina Bisch + Yoan Sorin

 

© Karina Bisch, 2016

 

 

 

Eva Taulois + Camille Girard et Paul Brunet

 

— Procurez vous chacun un "vêtement de travail" (combinaison ou bien salopette de peintre blanche), il doit être à votre taille, confortable, en toile de coton

— Portez votre "vêtement de travail" pendant toute la durée du montage et des différentes interventions que vous aurez à faire pour le projet Instructions

— Réalisez un dispositif que vous peindrez pour présenter, ranger, suspendre les vêtements quand vous n’êtes pas entrain de travailler ou quand vous n’êtes pas présents sur les lieux 

 

"À l’usine, Rémy enfile « la tenue imposée, un uniforme, au sens d’habit uniforme pour les opérateurs », car le costume est remis au futur opérateur à la fin des deux jours d’accueil, et il le revêt pour la première fois le jour où il commence son travail dans l’équipe. Il sait à ce moment-là qu’il quittera sa tenue environ huit heures plus tard. « Il n’a pas été dépouillé de ses vêtements, il s’en débarrasse, les range lui-même dans son armoire. » Ce temps marque le passage du temps libre de ses faits et gestes à une tenue où l’on doit s’adapter aux exigences de l’organisation productive qu’on intègre. « contraint d’oublier son individualité, ses caractéristiques personnelles sommées de les laisser au vestiaire selon l’expression populaire ». "

 

Extrait - « Le vêtement de travail, une seconde peau » de Ginette Francequin - © Éditions érès 2012

 

© Eva Taulois, 2016

 

 

 

François Curlet + Romain Bobichon

 

Poser deux bols bretons avec prénoms (Jacquie et Michel) sur une boîte du jeu TV « Le mot le plus long », le tout sur un socle.

 

© François Curlet, 2016

 

 

 

Fabio Vicogliosi + Romain Bobichon

 

L’idée serait de proposer une liste de titres, à partir desquels il faudrait librement réaliser des oeuvres, de tailles modestes, comme des maquettes.

L'idée étant d'inverser le processus qui consiste souvent à donner un titre une fois l'oeuvre terminée.

Voilà la liste dans laquelle piocher, en vue de réaliser les maquettes.

Il n'y a pas d'ordre particulier.

Une fois les pièces réalisées, elle peuvent garder le titre, ou pas, selon.

 

L’astronomie sans télescope 

Motif grillagé  

Verdure 

Une piste à suivre 

Les retrouvailles 

Jouez-le-fort 

Comme l’éclair 

Bleu pâle 

Sablé 

Les faux nuages 

Rythme orange 

Sfumato 

Céramique 

Radar 

De la nature, comme du froid 

Bruit secret 

Bossa-nova 

La croisée des chemins

Fer blanc 

Rocaille 

Bricolage thermique 

En selle  

Automatique 

Cascade 

Variété 

Ingrédients  

Carré futur 

Bibelots 

Vous êtes ici 

Reliefs 

Petit-bois 

Vue panoramique à angle d’élévation constant

 

© Fabio Viscogliosi, 2016

 

 

 

Miquel Mont + Romain Bobichon

 

PROTOCOLE

Sans/Titre 2016

 

matériel nécessaire:

Impression offset sur papier calque

Scotch chatterton mat noir et rouge

scotch double face transparent d'1 cm de largeur

 

Un ensemble d'images des violences policières qui ont pour origine la presse et les réseaux sociaux.

Elles sont reproduites en N&B sur du papier calque en format A4.

On accroche chacune des images en recouvrant en partie l'image avec du chatterton noir ou rouge mat de façon a la rendre illisible.

Le choix d'accrochage de l'ensemble est libre: soit en ligne, les unes à côté des autres, soit en bloc vertical.

Le moment de les accrocher dans l'espace peut être public et devenir une performance.

 

© Miquel Mont, 2016

 

 

 

Blaise Parmentier + Camille Girard et Paul Brunet

 

Notes en vrac sur W I L D 

(la pièce que je montre à Passerelle, ce jeudi )

La pièce se compose de quatre tableaux, quasi bas-reliefs en fonte d’aluminium, réinterprétation des quatre lettres d’un graffiti énonçant le mot "wild". Chacune des pièces est accrochée sur des cimaises distincts, à distance variable selon l’espace. 

 

Les lettres ont été reproduites à l’aide d’une technique élémentaire de fonderie appelée « lost foam » ou mousse perdue. Les matrices ont été découpées à main levée, à l’aide d’un fil chaud, ce qui implique une précision toute relative et induit une altération des formes lors de sa reproduction.

Certaines lettres ont même été privés partiellement d’une patte ou d’une phase stylistique par manque de matière lors de la coulée du métal en fusion - leur lisibilité en est altérée, frisant parfois l’abstraction.

 

Vers 2008, alors que je prépare une exposition à Brest, je découvre glissé dans un magazine chez un ami, une photo noir et blanc d’un graffiti dépeignant le mot «wild». Les quatre lettres naïves et hésitantes ont été peintes sur un mur en parpaing, probablement adossé à un garage ou peut-être au bord d’une voie ferrée.

Le ciel est gris et en arrière plan deux pavillons. Brest ? peut-être même Plougastel-Daoulas. Au dos du papier photo, en filigrane, 1990.  

Sous le tirage, je découvre une autre photo, celle-ci est imprimée sur le magazine. Il s’agit d’un autre graffiti. Il s’affirme de traits francs et de formes aiguisées. Wild. Une légende précise qu’il s’agit d’une pièce de Bando - un des premiers types à ramener en France le blazing à l’américaine à Paris au début des années 80.

Le premier lettrage a été peint à Paris dans les années 80 par Bando, considéré et reconnu comme un des premiers graffeurs de la capitale. Le deuxième lettrage, copie du premier a été peint par un tagueur néophyte, environ 10 ans plus tard, dans le Finistère aux alentours de Brest. Ce dernier fera lui même école sur la ville de Brest, quelques années plus tard.

J’apprécie le fait que ces deux images témoignent d’un rapport établi entre un maître et son élève - principe probablement inchangé depuis l’apparition de la peinture.

Les deux images 'documents' ne sont pas montrés dans l'exposition.

 

Instructions :

Copier, reproduire ou réinterpréter deux photographies données de deux graffiti énonçant le mot "wild". La première est une pièce de Bando peinte à Paris au début des années 80, l'autre une copie du premier lettrage, peinte par un tagueur néophyte, environ 10 ans plus tard, aux alentours de Brest dans le Finistère.

 

© Blaise Parmentier, 2016

 

 

 

Hamishi Farah + Yoan Sorin

 

Hi Yoan, 

I would like you to fundraise, directly ask people for money. However you do this is up to you, and I am happy for you to keep 40% of all funds raised. I would like you to aim for 500 euros, I am happy to strategise with you on the best method of going about this. I am also happy to send you a more aestheticised list of instructions. 

Let me know your thoughts. 

wishes,

Hamishi

 

© Hamishi Farah, 2016

 

 

 

Florian Sumi + Yoan Sorin

 

Cher Yoan, 

Lorsque tu me liras tu auras reçu le colis.

Il contient :

- 7 kilos de Nigari, un chlorure de Magnésium importé du Japon.

- 25 cl d’une solution de Micro-Organismes et de Levure.

 Je crois que c’est une première cure intéressante pour ta jambe.

 Elle doit se développer en séance de bains.

6 à 8 en un mois.

A raison d’un kilo de MgCl2 et de 5cl d’EM par bain.

L’intérêt du bain c’est que ta peau va absorber la quantité nécessaire d’oligo-éléments et de bactéries et le derme se refermera lorsque ton corps sera à satiété.

Le Nigari est un chlorure de magnésium peu raffiné, il fixe le calcium ce qui permettra une détente musculaire et un renforcement du squelette.

Les micro-organismes sont une sélection de bactéries régénératives anti-oxydantes, ce sera comme prendre un bain d’argile. Ils enrichissent les flores organiques ce qui peut jouer sur les connexions nerveuses.

C’est un peu odorant, ça sent la fermentation, mais ça ne s’installera pas sur ton corps.

20mn par bain.

Ne pense à rien. Pour cela tu peux écouter Persian Surgery Dervishes de Riley, les fréquences sont celles jouées par les soufis pour entrer en transe ou à un niveau méditatif pleine conscience.

Il faut un certain niveau sonore. 

Lorsque tu sortiras du bain, récupère l’eau, elle sera encore saturée d’intrants naturels, et vide la litre par litre dans quelques plantes que tu auras choisi, elles seront très heureuses.

Je te souhaite de te rétablir rapidement.

 

Florian

 

© Florian Sumi, 2016